C'est tout moi, ça!

Montréalaise, 57 ans, polyvalente, passionnée, politisée, directe, franche, bélier...De tout et de rien, voilà de quoi je parlerai!

30 septembre 2007

Ce matin, il fait froid dehors

J'ai dû revêtir un gilet car le froid entre un peu dans la maison.

Je ne veux pas partir le chauffage parce que mon chum doit nettoyer les filtres de l'appareil de chauffage au sous-sol.

J'irai promener mon chien cet après-midi.

Mon voisin immédiat a des visiteurs ce matin (des orientaux).  Je pense qu'il veut vendre sa maison!

Cela m,attriste car mon voisin et son épouse sont espagnols et de très bonnes gens.  Ils ont eu un terrible dégât avec leur 'tank à l'huile' l'an dernier et depuis, des spécialistes viennent vider et vérifier la terre sous et autour de la maison à toutes les semaines.

Mon voisin, au début de la soixantaine, a vraiment l'air abattu depuis l'an dernier.  C'est une grosse tuile qui lui est tombée sur la tête.

Avoir travaillé toute sa vie et avoir aménagé sa maison au fil des ans pour se retrouver avec une facture si salée que ces épaules en ont baissé depuis l'hiver dernier.

Sa femme a perdu le sourire aussi, elle que j'entendais chanter le dimanche après-midi. 

Je ne sais pas vraiment s'ils vont vendre la maison. 

J'aimerais mieux pas.  Ils sont de si bons voisins.

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29 septembre 2007

Il fait si beau dehors!

Je suis allée promener mon chien sur le bord de la Rivière ce matin.  Dans le parc. Le long de la piste cyclable.  Les arbres commencent à se colorer, ils sont rubis, or, orange... Le vent est doux. 

Je m'ennuie de ma Colette, ma soeur, ma copine, mon amie.   Elle est malade.  Si malade.  Elle dépérit lentement (non, je devrais dire rapidement, à mon sens à moi).

Je m'ennuie d'elle.  De nos sorties, nos placotages, nos complicités.  Je voudrais lui dire que je l'aime.  Que je pense à elle.  Qu'elle me manque.

Lui dire qu'il n'y pas un mot qui réussit à bien exprimer l'affection que j'ai pour elle.  Ce besoin de la serrer dans mes bras et de pleurer avec elle.,.

Je regarde le ciel si beau, si bleu, si doux et... je me souviens du chalet, de nos folles équipées, de toi dansant et moi te trouvant si belle, si saine, si douce et forte à la fois... Combien je t'ai admirée, combien je t'ai trouvée plus belle et plus toute que moi, en ce temps-là.  Comme je voudrais te donner un peu de ma santé.  Je t'aime!

You've got a friend, Colette.  You've got a very real friend. 

J'en ai marre de respecter le besoin que tu exprimes de ne pas nous voir.  J'ai envie de passer outre.

Merde!  cette maladie est de la merde!

Je n'ai que de bons souvenirs, petite soeur.  Que de bons souvenirs.  Car, comment pourrait-il en être autrement?

Tu es tellement bonne, fine, douce, exceptionnelle.  T'as sûrement des 'défauts' mais, je les chercherai longtemps... Tu es vaillante, courageuse, équilibrée et forte.  Et Dieu que tu es  belle.  J'ai toujours voulu être comme toi. Je ne te l'ai jamais dit... mais, c'est tellement vrai... Je t'enviais un peu beaucoup. 

Je .... ne sais pas quoi te dire... Je me sens si impuissante.  Je ne peux pas te donner un sein, un rein, un foie, un cervelet pour te sauver.

Je t'aime en maudit, tu sauras.

Tu as été la compagne de mon adolescence.  Tu es la compagne de ma vie de femme.  je ne t'ai pas assez vue.  On était bien trop occupées à courir comme des folles avec cette vie infernale qui passe trop vite.  Je ne t'ai pas assez vue et aimée.  je ne te l'ai pas assez montré.

Je n'ai pas assez dit que tu m'es précieuse et que Maudit!  J'veux pas que tu meures... Bon, c'est dit!  Je veux crissement pas que tu meures.

J'écris et je sens que mes mots sont impuissants, mes prières sont elles plus efficaces?  Hein!

Je t'aime ma chouette.

J'aime ta famille, tes enfants, ton conjoint,  tout ceux qui t'aiment.

Je suis fâchée.  Fâchée parce que la Mort veut te prendre.  Et je ne veux pas.  Je ne veux donc pas. 

J'ai même pas le guts de dire que la maladie devrait m'attaquer... moi, à ta place...j'ai peur... chu pas brave pantoute!

Je t'aime.  Telle que tu as toujours été.  Telle que tu es maintenant, avec ton pauvre corps broyé par les maudits traitements et médicaments impuissants à te rendre la santé.

Je m'en fous que tu aies changé, ma douce!  Je t'aime malade comme je t'ai aimé en santé.  Ca change pas l'Amour, non, ça l'augmente!

Un miracle.  Ca nous prend un miracle.

Mon Dieu, pourquoi ????

J'te dis qu'on n,est pas grand chose!  Pis, on est là à se péter les bretelles, à faire nos jars, nos orgueilleux.  Dans le fond, c'est la Vie qui décide hein?  et la Mort qui attend pas loin!

Merde, j'peux pas t'envoyer ce message-là! 

J'veux pas te décourager.  T'as besoin de toute ton énergie pour passer à travers.  J'suis qui moi, pour te dire de t'accrocher?.  Pour te dire qu'il faut lutter.  J'ai même pas le courage de défier ton interdit de visiteurs!

Je t'aime Colette, je t'aime vraiment beaucoup.  T'es mon trésor, t'es ma petite soeur de coeur et d'esprit.  Je t'aime.

J'veux te voir!  J'veux caresser ton visage, te tenir la main.  Je t'aime!

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19 septembre 2007

La famille de ma soeur cadette

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Voici sa fille Audrey qui adore le sport et est aussi très féminine.

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Voici Audrey et sa copine Maude

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Son frère Francis:

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moicam_1_Ici, c'est Francis et sa petite amie.

marieMa soeur Marie   Audrey_030  Mon beau frère Daniel

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16 septembre 2007

Henri Troyat

Je viens tout juste de me rappeler quel plaisir j'ai pris à lire cet auteur (enfin quelques-uns de ses livres).  Je l'aime beaucoup et ce qui est extra, c'est qu'il a publié régulièrement depuis 1935 jusqu'en 2006!!!

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=614

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15 septembre 2007

Mes meilleures adresses de magasinage

Sites de magasinage internet ou juste pour le lèche-vitrine:

Je vous mets des adresses et liens dans 2 minutes.

Dessous sages et de maintien:

On peut commander du Canada et ils nous livrent.

http://www.soma.com/store/product.asp?PID=500000175&Success=True

Vêtements à visionner mais acheter en boutique:

(Mon magasin préféré)

http://www.reitmans.com/fr/

Encore des dessous de maintien mais beaux aussi (adresses québécoises et canadiennes incluses)

http://www.bodywrap.ca/index_fr.htm

Vêtements chics et "classe" chaussures et sacs à mains compris

http://www1.talbots.com/talbotsonline/index.aspx?BID=

Vous pouvez acheter vos chaussures et bottes ici:

http://www.aldoshoes.com/store.cfm?CKEY=CA&lang=fre

et chez Browns:

http://www.brownsshoes.com/store.cfm?&ckey=CA&lang=fre

Ici aussi, vous pouvez acheter par internet:

http://www.suzyshier.com/store.cfm?&ckey=CA&lang=fre

un autre site américain mais qui vend par internet. Qualité assurée.

http://www.coldwatercreek.com/w07/default.aspx

Posté par merelle à 22:54 - Beauté, mode, apparences - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Photos de mes amies lors de nos sorties

Quel groupe extraordinaire!

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Truman Capote

Je suis assise dans mon salon.  En pitonnant sur mon ordi, je visionne le film "Capote"  et je ne sais trop quoi en penser. Cet homme qui semblait si superficiel.  Qui, à première vue, était une vedette du jet-set parce qu'il avait écrit un livre sur des assassins.  De sang froid...

Je le voyais de temps à autres aux nouvelles ou dans les émissions culturelles américaines et je me disais, Dieu, qu'il est imbu de lui-même!

Et pourtant, après ce livre, il semble qu'il n'ait plus jamais été capable d'écrire...  Voici un lien pour sa biographie et ses oeuvres.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Truman_Capote

Je vais peut-être lire autre chose de lui... De sang froid, je l'ai lu il y a plus de 25 ans et j,avais aimé le roman.  Mais, peut-être serait-ce aussi une bonne idée de le relire.

Par contre, c'est un roman noir, très noir parce que vrai!

TrumanCapote1959_1_

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11 septembre 2007

Commission Bouchard-Taylor

Voici le compte-rendu de la première session de cette commission sur les accommodements raisnnables.  J'ai l'intention de suvire leurs travaux toutes les fois oû ils seront diffusés.

Commission Bouchard Taylor

Salle comble pour

le premier forum

Presse Canadienne (PC)  Lia Lévesque
10/09/2007 19h25 - Mise à jour 10/09/2007 21h32

L'inconfort face aux accommodements pour des raisons religieuses, mais aussi les craintes pour des motifs linguistiques, sont ressorties du premier forum des citoyens que la Commission Bouchard-Taylor a tenu à Gatineau.

Quelque 120 participants se sont présentés, lundi soir à Gatineau, à la première journée de la tournée des régions de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.

L'égalité des droits entre les hommes et les femmes a également souventes fois été abordée par les participants à ce premier forum de citoyens.

«Je ne pense pas qu'il y ait lieu d'avoir des accommodements religieux», a lancé Mme Jocelyne Ladouceur, affirmant que quand on donne des «privilèges» à certains, «on brime d'autres gens», et cela, on l'oublie trop souvent, a-t-elle déploré.

«Je suis très inquiète de voir qu'il y a de plus en plus de signes religieux un peu partout dans la société», a affirmé Mme Elodie Audet, qui se dit pourtant protestante et pratiquante. «Je vois la montée de tous les intégrismes», a-t-elle dénoncé, critiquant ces intégrismes qui présentent «une vision extrêmement conservatrice du rôle des femmes dans la société».

«Moi, mes petits-enfants, je veux qu'ils se sentent Canadiens pure laine et Québécois, dans le futur et toujours. Je suis pour l'immigration, parce qu'on a beaucoup à recevoir d'eux. Mais on est quand même chez nous et quand on adopte un pays, on adopte sa façon de vivre», a commenté Mme Nicole Mailloux, déplorant le port du turban par un agent de la Gendarmerie royale du Canada ou l'offre de salles de prière pour les musulmans à l'université.

Plusieurs commentaires de citoyennes de l'Outaouais abordaient le problème de l'égalité des droits entre les hommes et les femmes dans certaines religions, ce qui a fait demander au coprésident Gérard Bouchard si les accommodements leur paraîtraient plus acceptables s'ils précisaient qu'il doit au Québec y avoir égalité entre les hommes et les femmes.

Mme Josiane Roscart, se décrivant d'abord comme «citoyenne du monde», s'en est prise à ceux qui perçoivent encore les immigrants comme des voleurs de job. «Il y a un malaise au sein de la société québécoise. Le malaise se trouve dans le fait d'affirmer, de définir ses propres valeurs. Si on est convaincu, si on est sûr de nos valeurs, les valeurs des autres, les différentes cultures ne devraient pas choquer autant.» On ne peut parler d'intégration sans parler d'emploi, a-t-elle plaidé, en précisant qu'il fallait des emplois correspondant aux compétences, aux diplômes reçus.

D'autres citoyens de l'Outaouais ont évoqué la fragilité du français et le choix de s'intégrer par la langue française.

Avant que ne commencent les échanges, le coprésident Gérard Bouchard s'est excusé pour ses propos tenus dans une entrevue au quotidien Le Devoir, le 17 août, sur les téléspectateurs des réseaux TVA et TQS. Il les avait apparentés à des gens qui n'étaient pas des intellectuels et qui n'avaient donc pas le jugement critique nécessaire pour faire la part des choses dans ce débat émotif sur les accommodements raisonnables.

Lundi soir, M. Bouchard a lui-même parlé de «faux pas», de propos «maladroits» et «déplacés» qu'il avait tenus, en assurant qu'il pensait l'inverse de ce qu'il avait pu laisser entendre dans cette entrevue.

L'autre coprésident, Charles Taylor, est absent de ce premier forum de citoyens, venant tout juste de subir une intervention chirurgicale. Il a néanmoins lu un message enregistré aux 120 participants avant que les échanges ne commencent.

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10 septembre 2007

Mon petit Tobi

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C'est mon petit chien.  Mon épagneul de 3 ans.  Tobi_004

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Dans Châtelaine du mois d'aoüt 2007

J'ai lu un article dans la Section Femmes d'ailleurs de cette revue.  C'est à propos de Ayaan Hirsi Ali et de son livre  Insoumise. 

Elle était députée néerlandaise ,originaire de Somalie et avait tourné un film avec Théo Van Gogh, arrière-petit-neveu du peintre.  Un film iconoclaste que les musulmans détestaient.

Elle vit maintenant aux USA..

Elle a déclaré que: Je m'oppose à la moralité sexuelle que le voile symbolise.  ... Cet imam australien qui comparait une femme violée qui ne portait pas de voile à "un morceau de viande crue".  Voilà comment ont voit les femmes en vertu de cette moralité-là!

Et on ne pense guère mieux des hommes... Comme si ces derniers n'étaient que des prédateurs incapables de ne pas sauter sur une femme à la vue de ses cheveux.  Cette moralité sexuelle est dégradante pour les deux sexes.

Voici un texte qui résume sa vie et ses combats.

Ayaan Hirsi Ali , l’insoumise de La Haye

Le 11 septembre 2001, à Amsterdam, Ayaan Hirsi Ali se trouvait à son bureau dans un think tank (organe de réflexion) du PvdA (Parti du travail, social-démocrate). Une vive agitation se fit soudain entendre à l’étage du dessous, où œuvrait l’équipe de campagne du parti. Ayaan est descendue, un peu énervée : "Pourriez-vous faire un peu moins de bruit ?" Puis elle s’est jointe, bouche bée, à la petite foule réunie devant CNN.

mercredi 18 mai 2005.

 

Ayaan Hirsi Ali veut "libérer les femmes d’une religion et d’une culture musulmanes qui leur sont hostiles."

A l’époque, Ayaan partageait sa vie avec un garçon sans être mariée, buvait volontiers de l’alcool, horrifiait ses parents traditionalistes mais priait encore Allah. D’origine somalienne, elle avait été élevée en terre d’islam. Quand le second avion s’écrasa sur le World Trade Center, Ayaan Hirsi Ali fit une prière : "Dieu, faites que ce ne soit pas un musulman qui ait fait ça."

Dieu ne l’entendit pas et les journaux publièrent la lettre laissée par le kamikaze Mohammed Atta. Ils conclurent que les terroristes avaient agi au nom d’Allah. Autour de la machine à café, dans le bureau de la fondation, un cadre du PvdA haussa les épaules : "Cet attentat n’a rien à voir avec l’islam." Ayaan lui répondit : "Tout ce qui est dans cette lettre, je l’ai lu et entendu depuis ma naissance. Je le connais par cœur. Et, il n’y a pas si longtemps, j’aurais pu être un des kamikazes."

Ayaan Hirsi Ali a 35 ans. La musulmane très pieuse qu’elle fut dans sa jeunesse est devenue l’une des principales ennemies des islamistes radicaux, aux Pays-Bas, sa patrie d’adoption, comme ailleurs. Ces jours-ci, dans les rues de Paris où elle est l’invitée du ministère des affaires étrangères, les passants se retournent sur son visage sublime, sa silhouette longue et mince moulée dans un tailleur-pantalon bordeaux, les cheveux ramassés en chignon. Ses six gardes du corps (deux Néerlandais et quatre Français) ne la quittent pas d’une semelle. Bientôt, elle embarquera dans sa voiture blindée. Puis retrouvera son bureau du Parlement de La Haye, où elle exerce un mandat de députée du VVD, le parti libéral, depuis janvier 2003. Un véritable bunker, sans fenêtre, sous surveillance permanente.

Le 2 novembre 2004, le cinéaste néerlandais Theo Van Gogh était assassiné dans une rue d’Amsterdam. Le court métrage qu’il venait de réaliser, Submission Part I, montrait des femmes victimes de violences, la peau tatouée de versets du Coran et portant des vêtements transparents. La scénariste n’était autre qu’une jeune députée d’origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali. Theo Van Gogh fut retrouvé égorgé, le poignard du crime planté dans la poitrine. Une lettre y était accrochée : cinq pages écrites par le meurtrier (Mohammed Bouyeri, un jeune homme d’origine marocaine), destinées à Ayaan Hirsi Ali et la menaçant de mort. Une fatwa d’un nouveau genre contre celle qui entend user de la provocation pour agiter les consciences musulmanes et les amener vers "une époque des Lumières" . Qui osa aussi critiquer le prophète Mahomet ou faire cette déclaration dès novembre 2001 : "L’islam actuel n’est pas compatible avec les présupposés de l’Etat de droit occidental."

Il y a un mois, à New York, Ayaan Hirsi Ali a croisé l’écrivain britannique Salman Rushdie. En 1989, quand ses Versets sataniques valurent à Rushdie la fatwa lancée par l’ayatollah Khomeiny, Ayaan avait 20 ans et habitait Nairobi, au Kenya. Dans le quartier de réfugiés somaliens où elle vivait, la rumeur évoquait un ouvrage honteux, écrit de la main de Satan. Quinze ans plus tard, alors que vient de paraître son livre Insoumise (Ed. Robert Laffont), décryptage des mécanismes d’un islam dépeint comme misogyne et réfractaire à toute liberté individuelle, voilà qu’Ayaan se retrouve à son tour dans le rôle du diable. "Salman Rushdie m’a dit : ’Ne vous laissez pas aller à devenir folle, même si cette situation rend fou’, raconte-t-elle en souriant. Il m’a conseillé de donner toute leur valeur aux petites choses de la vie. C’est ce que je fais. Héler soi-même un taxi, par exemple, c’est une vraie joie."

Avant d’en arriver là, Ayaan Hirsi Ali a connu plusieurs exils. Elle est née en Somalie en 1969, l’année même où arrive au pouvoir le dictateur marxiste Mohamed Siyad Barre. Le père d’Ayaan, Hirsi Magan Isse, qui a fait des études en Italie et à l’université Columbia de New York, s’affiche comme un opposant au régime et prend la tête d’un mouvement de guérilla proche du Front démocratique pour le salut de la Somalie. A la naissance de sa fille, il est en prison. En 1976, il est obligé de s’enfuir à l’étranger. Sa seconde épouse, la mère d’Ayaan, va le suivre avec ses trois enfants.

Trois enfants ? Leur grand-mère n’en comptait qu’un seul. Car la fratrie d’Ayaan se composait de deux filles et d’un fils. Dans la tradition islamiste intégriste, où seul le fils est compté, l’addition est claire : 2 + 1 = 1. "Cela nous énervait beaucoup" , reconnaît Ayaan.

Pour elle, c’est l’une des rares notes discordantes dans un milieu et des traditions qu’elle approuve alors jusqu’au fanatisme. "L’islam était notre religion, notre politique, notre idéologie, notre morale, notre justice, notre identité."

Ayaan est une petite fille sage et sérieuse, admirant à la fois sa mère, soucieuse de faire respecter la religion à la lettre, et son père, héros politique dont les études en Occident n’ont pas ébranlé la foi, quoique l’ayant convaincu de faire quelques entorses aux coutumes : initiateur des campagnes d’alphabétisation, il exige que ses filles poursuivent des études et s’oppose à leur excision. Ayaan et sa sœur étudient. Mais leur grand-mère intervient pour les faire exciser à l’âge de 5 ans, en cachette de leur père.

Ayaan est obéissante. Soumise à son destin d’errance sur les traces d’un père clandestin, elle part, à l’âge de 6 ans, pour l’Arabie saoudite. Accepte sans bonheur d’aller en robe verte, la tête serrée par un voile. Subit le rigorisme religieux, et aussi les cloques provoquées par la chaleur sous la robe. La famille migre ensuite en Ethiopie, terre d’exil de l’opposition somalienne, puis au Kenya.

Dans son école pour filles, à Nairobi, les élèves manquent souvent à l’appel. Pour Ayaan, c’est une première alerte dont elle n’a pas encore pleinement conscience. Toujours soumise à la volonté d’Allah, elle découvre peu à peu la destinée de ses camarades absentes de la classe : elles ont été données en mariage. "Il m’arrivait de les rencontrer un an ou deux après. Il ne restait plus rien d’elles. Toutes étaient devenues des usines à fils."

En 1992, c’est au tour d’Ayaan d’être promise en mariage. Le moment, aussi, de sa première révolte. Elle a 23 ans. Son père a arrangé l’affaire avec un cousin canadien qu’elle ne connaît pas. Du Kenya, elle rejoint l’Allemagne, d’où elle doit s’envoler pour le Canada. Sur place, un Allemand d’origine somalienne se charge de veiller sur elle et de tout mettre en ordre pour son départ. Les formalités prennent du temps. Ayaan Hirsi Ali décide soudain de s’enfuir. Une fois à la gare, elle pense à gagner l’Angleterre, pays dont elle maîtrise la langue, mais, sans trop réfléchir, prend finalement un train pour les Pays-Bas.

Dès son arrivée, elle loge dans des foyers d’hébergement, obtient le statut de réfugiée politique et vit en accéléré, comme pour rattraper ses années sans révolte. De femme de ménage, elle devient traductrice pour les services sociaux auprès de femmes ayant fui la violence de leur mari ou de leur père. Elle étudie les sciences politiques, rejoint le Parti du travail. Et commence à faire du bruit.

Treize ans après son "évasion" , la voici dans son tailleur-pantalon bordeaux. Souriante et déterminée, le visage très doux, un charisme de femme d’Etat. Ses positions publiques contre l’islam dérangent tout le monde : d’abord certains musulmans, qui ne tardent pas à menacer celle qui a apostasié sa foi, insulte Mahomet et ne cesse de dénoncer l’oppression dont sont victimes les musulmanes ; le parti chrétien-démocrate (CDA) de la coalition gouvernementale, ensuite, dont la politique d’intégration vise à préserver l’identité culturelle des personnes immigrées, promeut le communautarisme et le développement des divers courants religieux à grand renfort de subventions publiques ; et enfin ses collègues et employeurs du PvdA, embarrassés que l’une des leurs puisse trouver "paresseuses" leurs théories du multiculturalisme et qualifier publiquement l’islam de "religion arriérée" . "La colonisation et l’esclavage ont créé en Occident un sentiment de culpabilité qui conduit à trouver formidables les traditions venues d’ailleurs, analyse-t-elle. C’est une attitude paresseuse, voire raciste."

Dans sa croisade, Ayaan Hirsi Ali s’est ainsi trouvé un modèle : la France. Ses écoles laïques et républicaines, l’organisation de son système policier et judiciaire de lutte antiterroriste en font, à ses yeux, "l’Etat le plus fort" pour contenir les extrémismes et éviter au maximum l’affrontement entre "une extrême droite nationaliste et une extrême droite islamiste" .

Quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, Ayaan Hirsi Ali publie un article contre l’islam et reçoit ses premières menaces de mort. Elle devient une figure majeure de la vie politique néerlandaise. Le Parti du travail, qui tient aux voix de la communauté musulmane, se tortille. Ayaan condamne le communautarisme, invite à plus de vigilance quant aux accréditations des écoles coraniques, vante les mérites de la laïcité à la française, n’hésite pas à critiquer les limites du discours tenu par les travaillistes. Beaucoup d’entre eux ne la regrettent pas lorsqu’elle quitte le parti pour être élue députée sous l’étiquette du VVD, le parti libéral.

Celui qui la convainc de rejoindre cette formation politique n’est autre qu’un certain Frits Bolkestein. Le commissaire européen fut le premier à remettre en question la politique d’intégration néerlandaise, au début des années 1980. "J’aime la France pour la laïcité, mais je la déteste pour ce qu’elle dit de Frits Bolkestein" , lance Ayaan Hirsi Ali, avant d’ajouter, non sans humour : "Je trouve bien hypocrites ces Français qui s’indignent contre le projet de directive Bolkestein - qui établissait la libre circulation des services au sein de l’Union sur le principe du ’pays d’origine"’ - alors que les mêmes ne rechignent pas à travailler en Afrique ou en Inde en percevant leurs salaires français...

Comment une jeune femme de 35 ans, noire, féministe et si indépendante, justifie-t-elle sa position au sein du "parti des patrons" ? Ayaan Hirsi Ali n’est pas dupe : sans adhérer à ses thèses "à 100 %, sinon je serais dans une nouvelle secte" , dit-elle, elle réagit en pragmatique et sait tirer parti des intérêts des "patrons" : "Ils ne sont pas dogmatiques. Une politique vigoureuse d’intégration fournira de nouveaux cadres aux grandes entreprises et leur permettra de conserver leur statut, leurs belles villas et leur richesse." Avant tout, elle sait gré aux libéraux de placer au premier plan la liberté individuelle. Donc celle des femmes.

Elle a déjà obtenu la ratification de sa proposition de loi visant à condamner l’excision et rédigé un rapport parlementaire sur l’intégration économique des femmes musulmanes. Elle appelle à l’intransigeance contre les violences domestiques et les mutilations sexuelles et veut que les "crimes d’honneur" relèvent des dispositions prévues pour réprimer les actes terroristes.

Depuis l’assassinat de Theo Van Gogh, Ayaan Hirsi Ali n’a plus de vie. Toujours sous surveillance, elle a habité une base navale d’Amsterdam, changeant de lieu presque chaque nuit avant de s’exiler quelque temps aux Etats-Unis. Puis, n’en pouvant plus, elle a exigé d’habiter une maison dont elle ne bouge plus. Chez elle, à La Haye. "Le métier de femme politique est déjà difficile, cette vie-là le rendait impossible" , constate-t-elle. Elle commence tout juste à reparler à sa mère et n’a presque plus de contacts avec son père. Celui-ci ne lui pardonne pas de "souiller" l’islam en même temps que son nom et son honneur. Il vit à Londres avec sa première femme, qu’il a fini par réépouser après quatre mariages.

"Je ne regrette rien, dit encore Ayaan Hirsi Ali en vous regardant droit dans les yeux. Je continue. Mon seul but est de libérer les femmes d’une religion et d’une culture musulmanes qui leur sont hostiles." L’un des chapitres de son livre s’intitule "Dix conseils aux musulmanes qui veulent s’échapper" .

Par Jean-Pierre Stroobants et Marion Van Renterghem, lemonde.fr

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